Article publié le jeudi 24 septembre 2026 dans la catégorie business.
La pension de réversion Agirc-Arrco permet au conjoint survivant, et dans certains cas à un ex-conjoint, de percevoir une partie de la retraite complémentaire du salarié décédé. Son attribution repose surtout sur le mariage, l’âge et la situation matrimoniale du demandeur.
Le remariage constitue le point de vigilance principal : contrairement au Pacs ou au concubinage, il entraîne la suppression du droit. Voici les règles à connaître pour vérifier son éligibilité et déposer une demande complète.
Le principe de la pension de réversion Agirc-Arrco et la règle du non-remariage
La réversion Agirc-Arrco correspond à
60 % des droits de retraite complémentaire acquis par l’assuré décédé. Elle concerne les retraites issues des régimes Agirc et Arrco, désormais réunis au sein de l’Agirc-Arrco.
Cette pension est distincte de la réversion versée par le régime général de l’Assurance retraite. Les conditions ne sont donc pas exactement les mêmes, notamment sur les ressources : l’Agirc-Arrco n’applique pas de plafond de revenus au conjoint survivant.
Le droit dépend en revanche de la situation familiale. Seules les personnes qui ont été mariées avec le défunt peuvent en bénéficier.
Un Pacs ou une vie en concubinage ne créent aucun droit à réversion, même si l’union a été longue ou si le couple a eu des enfants.
Les conditions à remplir pour percevoir la réversion sans remariage
Le mariage avec l’assuré décédé comme condition indispensable
Le demandeur doit être le conjoint marié du défunt ou son ancien conjoint divorcé. La durée du mariage n’est pas, en elle-même, une condition minimale pour ouvrir le droit auprès de l’Agirc-Arrco.
La situation est différente pour les partenaires pacsés et les concubins : ils ne peuvent pas demander cette pension, sauf s’ils ont également été mariés avec l’assuré à une autre période. Pour comprendre les droits attachés à une séparation, consultez aussi
les règles de réversion après un divorce.
L’âge minimal du conjoint survivant et les exceptions
En principe, la pension de réversion Agirc-Arrco est accessible à partir de
55 ans. Cet âge s’apprécie à la date de la demande : une personne veuve avant 55 ans peut déposer son dossier plus tard, lorsqu’elle atteint l’âge requis.
Une attribution avant 55 ans reste possible dans deux situations :
- le demandeur a au moins deux enfants à charge au moment du décès ;
- il est reconnu invalide, sous réserve des conditions appliquées par le régime.
Avant l’âge ouvrant droit à la réversion, certaines personnes peuvent éventuellement solliciter d’autres aides. L’
allocation veuvage avant la pension de réversion répond toutefois à des règles propres, notamment de ressources et d’âge.
L’absence de remariage après le décès
Le conjoint survivant ne doit pas être remarié. Cette règle est déterminante :
un nouveau mariage met fin définitivement au droit à la réversion Agirc-Arrco. Le versement ne reprend pas, y compris en cas de divorce ultérieur ou de décès du nouveau conjoint.
Il faut donc signaler sans délai tout changement d’état civil à la caisse. Omettre cette information peut entraîner une demande de remboursement des sommes versées à tort.
Les situations de vie compatibles ou incompatibles avec le versement
Célibat, veuvage, divorce et Pacs : les situations admises
Après le décès, le bénéficiaire peut rester célibataire, veuf, divorcé ou conclure un Pacs sans perdre sa pension de réversion Agirc-Arrco. Ces situations ne sont pas assimilées à un remariage.
Le bénéficiaire doit néanmoins continuer à satisfaire aux autres conditions, notamment celles qui ont permis une ouverture anticipée des droits, par exemple l’invalidité. La caisse peut demander des justificatifs actualisés dans certaines circonstances.
| Situation après le décès | Effet sur la réversion Agirc-Arrco |
| Célibat ou veuvage | Maintien du droit |
| Divorce après le décès | Maintien du droit |
| Pacs | Maintien du droit |
| Concubinage | Maintien du droit |
| Remariage | Suppression définitive du droit |
Concubinage et nouvelle union : ce qui ne bloque pas la réversion Agirc-Arrco
Le concubinage, y compris durable, n’interrompt pas le versement de la pension complémentaire. Il en va de même pour une nouvelle vie de couple sans mariage.
L’Agirc-Arrco distingue donc clairement le remariage du Pacs et du concubinage.
Cette règle peut différer de celle d’autres prestations sociales ou de certaines pensions de réversion de base. Il est prudent de vérifier séparément les conséquences d’une nouvelle union auprès de chaque organisme concerné.
Remariage du conjoint survivant : perte définitive des droits
La suppression intervient à compter de la situation de remariage, selon les modalités de gestion de la caisse. Elle concerne le conjoint survivant comme l’ex-conjoint bénéficiaire. Le principe est le même : la personne qui se remarie ne peut plus percevoir sa quote-part.
Cette conséquence doit être anticipée, car la pension de réversion ne peut pas être rétablie ultérieurement. Il ne s’agit pas d’une suspension temporaire, mais bien d’une extinction du droit.
Les droits de l’ex-conjoint divorcé et le partage entre plusieurs bénéficiaires
Les conditions applicables à l’ex-conjoint non remarié
Un ex-conjoint peut demander la réversion s’il a été marié avec l’assuré décédé, a atteint l’âge requis et
n’est pas remarié. Il n’est pas nécessaire qu’il perçoive une pension alimentaire ni que le divorce ait été prononcé pour un motif particulier.
En revanche, l’ex-conjoint remarié est exclu du dispositif. Son éventuel Pacs ou concubinage ne fait pas obstacle au versement, selon les mêmes règles que pour le conjoint survivant.
Le calcul et la répartition de la pension entre conjoint et ex-conjoint(s)
Lorsqu’il existe plusieurs bénéficiaires potentiels — conjoint survivant et un ou plusieurs ex-conjoints — la réversion est répartie entre eux. La distribution tient compte, en principe, de la durée respective des mariages avec l’assuré décédé.
Le montant dépend également du nombre de points acquis par le défunt. Le
relevé de points Agirc-Arrco aide à repérer les droits enregistrés, sans remplacer le calcul officiel réalisé par la caisse. Les règles relatives au
coefficient de solidarité Agirc-Arrco ne modifient pas le principe d’attribution de la réversion.
Le montant, la demande et les justificatifs à prévoir
Le montant de la réversion et l’absence de condition de ressources
La pension représente 60 % de la retraite complémentaire du défunt, puis est éventuellement partagée entre les ayants droit.
Aucune condition de ressources n’est exigée par l’Agirc-Arrco : revenus professionnels, patrimoine ou pension personnelle n’empêchent donc pas l’ouverture du droit.
Le montant final peut toutefois varier selon les droits réellement acquis, les majorations éventuelles et la présence d’autres conjoints ou ex-conjoints.
Les démarches auprès de l’Agirc-Arrco et les documents nécessaires
La demande peut être effectuée auprès de l’Agirc-Arrco, notamment via les services dédiés aux démarches retraite. Il est conseillé de la déposer rapidement afin de limiter le risque de perdre des mensualités en raison des règles de rétroactivité.
Le dossier demande généralement l’acte de décès, une pièce d’identité, un relevé d’identité bancaire et les documents établissant les mariages, divorces ou changements d’état civil. La caisse peut réclamer des pièces complémentaires selon la situation.
Les erreurs à éviter lors d’un changement de situation matrimoniale
Les principales erreurs consistent à croire qu’un Pacs ouvre un droit, à confondre réversion de base et complémentaire, ou à ne pas déclarer un remariage. Il faut aussi vérifier que tous les mariages et divorces figurent correctement dans le dossier.
Une déclaration complète dès la demande et une information immédiate en cas de remariage évitent les retards de paiement, les litiges et les récupérations d’indus.
Les vérifications essentielles avant de demander la réversion
La réversion Agirc-Arrco repose d’abord sur un principe simple : avoir été marié avec l’assuré décédé, avoir atteint l’âge requis — sauf exception — et
ne pas être remarié. Le Pacs et le concubinage n’empêchent pas le maintien de la pension, mais ils ne permettent pas non plus d’ouvrir un droit sans mariage préalable. Pour les personnes divorcées, l’absence de remariage reste tout aussi déterminante, tandis que le montant peut être partagé avec d’autres ayants droit. Avant de déposer le dossier, il est utile de réunir les actes d’état civil, de vérifier les périodes de mariage et de signaler toute évolution de situation.
Une demande complète et des informations à jour facilitent le traitement du dossier et sécurisent le versement.